Les historiens racontent l’étonnement de la jeune et jolie Henriette d’Angleterre, belle-sœur du Roi et de la princesse Palatine à l’énoncée de ce qu’avait dévoré me roi pour un petit souper: quatre pleines assiettes de soupes diverses, un faisan entier, une perdrix, une grande assiette de salade, deux grandes tranches de jambon, du mouton au jus d’ail et une assiette de pâtisseries. On peut penser que les chefs d’alors devaient être de fins « sauciers » pour accompagner toutes les viandes, qui sans cela auraient pu paraître fades. On nappait même les potages qui, portant, n’étaient pas très légers.
Parmi toutes les sauces, la plus célèbre, à coup sûr, et la plus usitée, a été mise au point par Louis de Béchameil.
Elle porte encore son nom, l’orthographe en ayant été légèrement modifiée en Béchamel !
La première béchamel était composée du jus de viande, et non pas comme de nos jours avec du lait ou de la crème fraîche.
Sa formule a été modifiée avec le temps, surtout par le grand Carême, qui l’a rendue plus onctueuse par addition de crème fraîche. Le principe de la cuisson de la farine, avec un peu de matière grasse et du bouillon était bel et bien né, et détrônait la mie de pain trempée, en usage depuis le moyen-âge.