Historique et Origines
L'origine d'Halloween est une célébration celte de la protohistoire nommée Samain (en Irlande) ou Samonios (en Gaule).
La Légende de Jack-O'-Lantern
Personnage central du folklore irlandais, Jack était un avare ivrogne et méchant.
Le pacte : Jack réussit à piéger le Diable par deux fois (en l'enfermant dans sa bourse munie d'une croix, puis en le bloquant en haut d'un arbre marqué d'une croix). En échange de sa libération, le Diable promet de ne jamais réclamer son âme.
L'errance : À sa mort, Jack est refusé au Paradis (pour sa méchanceté) et en Enfer (à cause de la promesse du Diable).
La Lanterne : Le Diable lui donne un morceau de charbon ardent pour éclairer son chemin. Jack le place dans un navet creusé et est condamné à errer jusqu'au Jugement dernier. Il devient Jack of the Lantern.
Irlande : Le Barmbrack (báirín breac), un gâteau aux fruits où l'on cache un anneau. Celui qui le trouve rencontrera l'amour dans l'année. On y mange aussi le Colcannon (purée de pommes de terre et chou).
Royaume-Uni : Le bonfire toffee (caramel dur) et les Toffee Apples (pommes d'amour).
Cuisine de la Citrouille : Au-delà du décor, sa chair est utilisée en tartes, soupes, pains et ses graines sont rôties.
Popularité et Variantes Régionales
Écosse (Oidhche Shamhna) : Les enfants se déguisent et transportent une Neepy Candle (lanterne en rutabaga).
Le jeu traditionnel consiste à attraper une pomme dans un bac d'eau avec la bouche (apple bobbing).
Belgique : La tradition est apparue vers 1990. En Flandres et Wallonie, il existe des traditions anciennes liées à la Saint-Martin où l'on creusait des betteraves (appelées Grign' Dints en Wallonie).
France (Lorraine) : La Rommelbootzennaat (Nuit des betteraves grimaçantes) est une tradition celte maintenue en Moselle francique et germanophone.
La veille de la Toussaint, les enfants sculptent des têtes dans des betteraves pour les placer sur les murs des cimetières ou aux croisements des chemins afin d'effrayer les passants.
La Rommelbootzennaat (La Nuit des Betteraves Grimaçantes)
Bien avant que la citrouille orange n'envahisse les supermarchés, l'Est de la France célébrait déjà sa propre version d'Halloween.
En Moselle-Est (Pays de Nied) et en Sarre voisine, on célèbre la Rommelbootzennaat.
Signification : En francique mosellan (le dialecte local), Rommel signifie « betterave » et Bootzen désigne une « face grimaçante » ou un épouvantail.
Le Rite : Cette fête marque la fin des travaux des champs. Les enfants creusaient des betteraves fourragères (plus dures et blanches que les citrouilles) pour y sculpter des visages effrayants.
L'Objectif : On plaçait une bougie à l'intérieur et on déposait ces lanternes sur les rebords de fenêtres, les murs des cimetières ou aux croisements des chemins pour effrayer les passants et, symboliquement, chasser les âmes errantes.
Contrairement à la citrouille, la betterave fourragère est très dense :
L'évidage : Il fallait souvent utiliser une cuillère en fer bien solide ou un couteau à lame courte.
La sculpture : On taillait des dents pointues et des yeux triangulaires directement dans la chair blanche.
L'exposition : On ne cherchait pas le côté "mignon" ; plus la tête était hideuse, plus elle était réussie.
Le repas typique
La Rommelbootzennaat est indissociable de la gastronomie locale d'automne :
Les Galettes de pommes de terre (Grumbeerekiechle) : Servies bien dorées avec de la compote de pommes.
La Soupe à la betterave : On ne gaspillait pas la chair retirée pour faire les lanternes.
Le renouveau
Aujourd'hui, de nombreux villages mosellans (comme à la Maison de la Pays de Nied) organisent des ateliers pour transmettre ce savoir-faire aux jeunes générations et éviter que la citrouille n'efface totalement la "Rommel".