"Mes Recettes Gourmandes" « Des recettes simples pour des moments inoubliables. Françoise de Bortoli. » «Continuons à explorer et savourer, pour faire de chaque plat une source d’émotions. Et maintenant... on passe à table ! »

L'Âme

Bloody mary 

Entre le Harry’s Bar et le Ritz : Le mystère des origines du Bloody Mary 

Cependant, le jus de tomates tel que nous le connaissons aujourd'hui n'existait pas à cette époque. Le cocktail ne séduisit pas immédiatement les Parisiens et ne devint un véritable succès que quelques années plus tard, aux États-Unis. Au milieu des années 1930, il est réintroduit en remplaçant la vodka par du gin sous le nom de red snapper, le présentant sous la forme d'un remède contre la gueule de bois.

Le Bloody Mary : Un Cocktail Entre Mythes et Légendes

Rouge comme le sang, épicé et mystérieux, le Bloody Mary est sans doute l'un des mélanges les plus fascinants de la mixologie mondiale. Mais d'où vient son nom intrigant ?

Plusieurs théories s'affrontent encore aujourd'hui.

  Les origines d'un nom légendaire

La Reine Sanglante : La thèse la plus célèbre fait référence à Marie Tudor, reine d'Angleterre (1553-1558). Surnommée Bloody Mary, elle est restée dans l'histoire pour sa persécution féroce des anglicans lors du rétablissement du catholicisme.

Ernest Hemingway et sa "Satanée Mary" : Une autre légende se déroule au Harry's Bar à Paris. L'écrivain Ernest Hemingway, craignant les colères de sa femme Mary Welsh lorsqu'il rentrait ivre, aurait demandé au barman du Ritz un cocktail "sans odeur". Il aurait alors baptisé ce mélange indétectable du surnom de son épouse.

La Pirate des Mers : À Pampelune, on raconte que le nom rend hommage à Mary Read, célèbre pirate du XVIIIe siècle. Compagne de route de Jack Rackham, sa brutalité et son courage au combat lui valurent ce surnom sanglant.

La Courtisane Insatiable : Certains spécialistes évoquent Marie D'Arbassel, une courtisane du XIXe siècle. La légende prétend qu'elle exigeait de ses amants, dont le ministre Anselme Batbie, de boire un verre de leur sang après leurs ébats. Un barman parisien des années 20 se serait inspiré de ce récit macabre pour nommer sa création à base de jus de tomate. 

  Une Famille de Variantes

Le Bloody Mary est une base extraordinaire qui se décline selon l'alcool utilisé : 

Ruddy Mary : Au Gin (le cousin le plus proche).

Bloody Geisha : Au Saké.

Bloody Matador : À la Tequila.

Bloody Pirate : Au Rhum.

Bloody Molly : À l'Irish Whiskey.

Bloody Fairy : À l'Absinthe.

Bloody Maureen : À la bière Guinness.

Michelada (Chelada) : À la bière mexicaine.

Bloody Caesar : Une variante canadienne culte où le jus de tomate est remplacé par du Clamato (jus de tomate et bouillon de palourde).

Virgin Mary : La version sans alcool, très riche en épices.

  Les Secrets de la Recette

Qu'il soit consommé par des célébrités comme Serge Gainsbourg ou mis en scène dans la littérature (comme dans Sang d'Encre de Poppy Z. Brite), le Bloody Mary repose sur un équilibre précis.

L'ingrédient indispensable qui le distingue d'un simple jus de tomate est le sel de céleri. On y ajoute généralement du tabasco, de la sauce Worcestershire, du poivre et un trait de citron pour réveiller les saveurs.

Fiche Recette : Le Véritable Bloody Mary

Ce cocktail se prépare directement au verre (ou au mélangeur) pour préserver la texture onctueuse du jus de tomate.

Ingrédients (pour 1 verre) :

4,5 cl de Vodka (une vodka neutre de bonne qualité)

9 cl de Jus de tomate (bien frais)

1,5 cl de Jus de citron jaune pressé

2 traits de Sauce Worcestershire (Lea & Perrins)

2 traits de Tabasco (selon votre tolérance au piment)

1 pincée de Sel de céleri (l'ingrédient signature)

1 pincée de Poivre noir moulu

Étapes de préparation :

Assaisonner : Dans un grand verre de type Highball, versez d'abord le sel de céleri, le poivre, le Tabasco et la sauce Worcestershire.

Lier : Ajoutez le jus de citron et la vodka. Mélangez brièvement.

Refroidir : Remplissez le verre de gros glaçons.

Allonger : Versez le jus de tomate par-dessus.

Mélanger : Remuez délicatement à l'aide d'une cuillère à mélange (ne secouez pas trop fort pour ne pas "casser" le jus de tomate).

La Garniture (Le "Garnish") :
La tradition veut que l'on serve ce cocktail avec une tige de céleri branche (qui peut servir de mélangeur) et une rondelle de citron. Certains ajoutent aujourd'hui une olive ou un petit piment pour le décor.