C’est dans l’intimité de son atelier que la métamorphose s’opère. Sous ses mains, la matière est étirée, découpée, puis patiemment assemblée. Point après point, le sac prend vie. Maroquinière à l'écoute, Céline place l'humain au centre de son art : elle façonne des modèles uniques, imaginés avec vous et pour vous, pour que chaque pièce devienne le reflet de votre histoire.
Un Engagement Éthique et Local
Plus qu’une marque, La Vache Frappée est une signature de l’Artisanat d’Art, où l’imagination se conjugue au respect de l'environnement. Dans une démarche éthique et écoresponsable, Céline s’engage à minimiser l’empreinte de ses créations. Une exigence qui se retrouve jusque dans le choix des matières : les peaux utilisées proviennent exclusivement de tanneries françaises situées dans le Sud de la France, garantissant une traçabilité et une qualité irréprochables.

L'Entretien : Aux Origines de la Création
Quand l'aventure de La Vache Frappée a-t-elle officiellement vu le jour ?
« C'est une genèse difficile à dater précisément, tant elle se confond avec mon propre parcours. Si l'on s'en tient aux jalons officiels, ma toute première création a vu le jour fin 2013, suivie de l'ouverture de notre vitrine numérique sur Facebook en novembre 2014.
Pourtant, au-delà des dates, j'ai le sentiment que ce projet m'habite depuis toujours. La Vache Frappée n'est pas seulement une entreprise, c'est l'aboutissement d'une passion de longue date pour la matière et l'artisanat.
Le Parcours : Entre Obstination et Vocation
Parlez-nous de votre formation. S’agit-il d’une passion de longue date ?
L’envie de travailler le cuir s'est imposée à moi très tôt, comme une évidence. Pourtant, le chemin pour y parvenir n’a pas été simple : à mes débuts, je n'avais personne pour me transmettre les secrets de cet artisanat.
Après mon baccalauréat, j’ai donc tenté de transformer cette passion en métier en cherchant un apprentissage en maroquinerie. Je me suis heurtée à la réalité économique des petits ateliers : malgré ma motivation, les artisans n'avaient pas les ressources nécessaires pour encadrer une stagiaire. Mes nombreuses sollicitations sont restées sans réponse, mais ce silence n'a fait que renforcer ma volonté de tracer ma propre voie.
La Rencontre : L'Héritage d'un Maître et l'Auto-apprentissage
Quatre ans plus tard, le destin met sur ma route un homme d'exception, passionné de sellerie et de maroquinerie. Issu d'une longue lignée de selliers, il portait en lui un héritage familial précieux, bien que son propre père lui ait jadis interdit d'en faire son métier, craignant pour l'avenir de la profession.
Par une belle ironie du sort, cet "acte manqué" a décuplé son désir de transmettre son savoir. Il est devenu mon mentor, m’offrant le soutien qui me manquait tant à mes débuts. Grâce à ses conseils, ses ouvrages techniques et le prêt de ses premiers outils, mon projet a enfin pu prendre racine. Aujourd'hui encore, sa guidance reste une boussole précieuse.
Pour le reste, j'ai forgé ma propre expertise. Entre lectures assidues, tutoriels et une pratique autodidacte constante, j'ai appris à dompter la matière par l'essai et l'erreur. Ce cheminement est infini : chaque jour en atelier est une nouvelle leçon, et je sais que mon apprentissage ne fait que commencer. Dans cette aventure, le soutien indéfectible de mes proches a été le moteur essentiel qui m'a poussée à oser me lancer.

La Matière Première : Entre Exigence et Respect
D’où provient votre cuir et comment le choisissez-vous ?
Le choix de la matière est une étape cruciale, car la qualité a un coût. J’achète exclusivement mes cuirs par peaux entières. Par profond respect pour ces matières nobles et naturelles, il est pour moi hors de question de gaspiller : chaque chute est précieuse et trouve son utilité.
Je travaille spécifiquement le collet — la partie noble située à l’avant et au sommet du dos de l’animal. Ce sont des pièces de plus d'un mètre carré, ayant bénéficié d'un tannage végétal. Ce procédé écologique, sans métaux lourds, est le seul qui permette d’utiliser des matoirs pour graver mes dessins avec précision ; les autres types de tannages ne supporteraient pas une telle empreinte.
Le cuir étant une mémoire du vivant, certaines peaux peuvent présenter des marques naturelles comme des rides ou des piqûres d’insectes. Pour garantir un résultat final impeccable et d'une propreté absolue, je sélectionne rigoureusement des cuirs de premier choix. C’est cette exigence qui définit la signature de La Vache Frappée.
L'Art de la Personnalisation : Projets et Perspectives
Pouvez-vous nous parler de vos différents projets et de votre processus créatif ?
« Mes projets naissent souvent d'une étincelle d'imagination. J'aime suivre mon instinct pour rester en phase avec les tendances actuelles, tout en répondant avec enthousiasme aux commandes sur mesure. C’est ainsi que j'ai réalisé ma première sacoche : un défi technique qui m'a permis d'explorer de nouveaux horizons.
Ce qui me passionne avant tout, c’est le travail de la gravure. Là où beaucoup utilisent le cuir brut, je choisis de le sculpter. Je compose mes dessins à l'aide de différents matoirs pour créer des motifs uniques, avant de procéder à la mise en couleur. C’est cette étape de personnalisation et de teinture — réalisée avec des produits écoresponsables — qui demande le plus de temps et qui forge l'identité de mes pièces. Je réalise mes propres patrons et j'accorde une importance capitale aux coutures faites à la main, gages de robustesse et d'authenticité. »
Un souhait pour l'avenir ?
Mon vœu le plus cher est de poursuivre cette belle aventure ! Je souhaite continuer à surprendre et à satisfaire chaque personne qui me fait confiance. Mon carnet d'idées est encore foisonnant et je n'ai qu'une hâte : donner vie à ces nouvelles créations.