« Des recettes authentiques pour des moments inoubliables.» Françoise de Bortoli. Continuons à explorer et savourer, pour faire de chaque plat une source d’émotions. Et maintenant... on passe à table ! »

Le véritable Carac genevois

Dans Recettes Suisses

Carac romand

"S'il est une icône visuelle qui fait briller les yeux de tous les enfants et grands gourmands de Suisse romande, c'est bien le Carac. Cette tartelette unique bouscule les codes de la pâtisserie traditionnelle avec son design inimitable : une pâte sablée croustillante qui dissimule une ganache au chocolat noir d'une onctuosité absolue, le tout scellé par un glaçage fondant de couleur vert pomme flashy. Couronné d'un pastille de chocolat noir en son centre, le Carac offre un équilibre parfait entre l'amertume du cacao intense et la douceur sucrée de son chapeau coloré."

L'Anecdote de mon enfance à Genève avec ma tante Antoinette et mon cousin Cornelio

« Étant née à Genève au sein d’une famille aux racines incroyables — un papa corse au caractère bien trempé et une maman entourée d'oncles et de tantes venus de Venise et de Trévise —, mes souvenirs gourmands sont un carrefour de cultures indissociables des confiseries de la place du Bourg-de-Four. Pour moi, le Carac a toujours eu un goût de récréation, de famille et de complicité. Même si mes parents ont ensuite choisi de s'installer en France voisine, tout mon clan maternel et mes cousins sont restés ancrés au bout du lac. L'autre dimanche, ma tante Antoinette et mon cousin Cornelio, lui aussi né à Genève, sont venus me rendre visite. Chez nous, le goût des bonnes choses est une affaire sacrée. Cornelio, qui adore me taquiner sur notre double culture helvético-italienne, m'a lancée en passant la porte : "Alors, la Genevoise, qu'est-ce que tu nous as préparé de bon aujourd'hui ? Ne me dis pas qu'on va encore manger des filets de perche !". Sous le regard complice de ma tante Antoinette, je leur ai servi ces caracs faits maison avec leur glaçage vert pomme bien brillant, identique à ceux de notre enfance. En mordant dedans, le craquement net du biscuit vénitien suivi du fondant de la ganache a instantanément fait capituler Cornelio. Il a levé les yeux, totalement conquis, avant de m'avouer : "D'accord... Pour le coup, ton accent genevois a du génie !" »

Préparation : 30 min | Repos : 1 h 30

Cuisson : 12 à 15 min (Cuisson à blanc)

Difficulté : Facile

Une ganache de caractère sous une robe colorée, le grand classique des vitrines romandes.

Pour les fonds de tartelette (Pâte sablée) : 200 g de farine blanche, 100 g de beurre froid coupé en dés, 50 g de sucre glace, 1 jaune d'œuf, 1 pincée de sel, 1 cuillère à soupe d'eau froide.

Pour la ganache onctueuse : 200 g de chocolat noir de très haute qualité (60 à 70% de cacao), 1,5 dl de crème entière (ou crème double de la Gruyère), 30 g de beurre. 

Pour le glaçage signature : 150 g de sucre glace, 2 à 3 cuillères à soupe d'eau tiède, quelques gouttes de colorant alimentaire liquide vert pomme (ou une pointe de colorant en gel), 4 pastilles rondes de chocolat noir (pour la touche finale). 

La pâte sablée : Dans un saladier, sablez du bout des doigts la farine, le sel, le sucre glace et le beurre froid. Ajoutez le jaune d'œuf et l'eau pour amalgamer rapidement le tout en une boule lisse. Enveloppez-la dans du film alimentaire et laissez-la reposer 1 heure au réfrigérateur.

La cuisson à blanc : Préchauffez votre four à 180°C. Étalez la pâte sur 3 mm d'épaisseur et foncez 4 moules à tartelette individuels. Piquez les fonds à la fourchette, déposez un morceau de papier cuisson lesté de billes de cuisson ou de haricots secs, et enfournez pour 12 à 15 minutes. Les fonds doivent être légèrement blonds et croustillants. Laissez-les refroidir complètement.

La ganache intense : Hachez finement le chocolat noir au couteau. Dans une petite casserole, portez la crème entière à frémissement. Versez-la en deux fois sur le chocolat haché en remuant énergiquement à la spatule depuis le centre pour créer une émulsion brillante. Ajoutez les 30 g de beurre, mélangez bien et laissez tiédir 5 minutes.

Le fonçage : Répartissez la ganache encore souple dans les fonds de tartelette refroidis, en lissant parfaitement la surface à ras bord à l'aide d'une petite spatule. Placez les tartelettes au frais pendant au moins 30 minutes pour que le chocolat se fige complètement.

Le glaçage vert pomme : Dans un bol, mélangez le sucre glace avec l'eau tiède, en l'ajoutant cuillère après cuillère jusqu'à obtenir une texture de crème épaisse, nappante mais pas liquide. Incorporez le colorant vert goutte par goutte jusqu'à obtenir la teinte iconique des vitrines suisses.

La finition : Sortez les tartelettes du réfrigérateur. Versez délicatement une cuillère de glaçage vert au centre de chaque carac et étalez-le doucement vers les bords avec le dos de la cuillère pour obtenir un miroir lisse. Déposez immédiatement une pastille de chocolat noir au centre de chaque gâteau avant que le glaçage ne fige. Laissez reposer à température ambiante.

Le Conseil

« Le secret d'un Carac réussi réside dans l'étanchéité de la ganache avant de glacer. Si votre ganache n'est pas parfaitement froide et ferme, le glaçage chaud va se mélanger au chocolat et perdre sa belle couleur verte. Pour le glaçage, préférez un colorant en gel, beaucoup plus intense, pour éviter de liquéfier votre sucre glace. »

Pour accompagner la puissance de la ganache et l'esprit festif de ce dessert :

Le choix suisse (L'audace neuchâteloise) : Un verre d'Œil-de-Perdrix (le fameux vin rosé de Pinot Noir originaire de Neuchâtel). Sa fraîcheur fruitée et ses notes de petits fruits rouges équilibrent de manière très surprenante et dynamique l'amertume du chocolat noir intense.

Le choix de la France voisine : Un café expresso serré de style brasserie ou un verre de Crémant de Savoie. Les bulles fines et la vivacité de la méthode traditionnelle savoyarde viennent trancher avec brio le sucre du glaçage et la richesse de la ganache.